Un courant d’air parcourt la maison. Mai s’installe,
Apporté un matin par le vent. C’est très bon ;
On avait oublié les parfums d’astragale
Et l’effluve entêtant de l’arbre du Japon.
Mai fleurit les massifs et les rues et les places
Il peuple les plans d’eau de ceux qui tous en rond
Viennent s’asseoir au bord, et qui le soir iront
Savourer la fraîcheur dans l’ombre des terrasses.
On voit de moins en moins le chat, dont la moustache
Frôle au fond du jardin les fleurs de lamier blanc.
C’est peut-être bien lui, là-bas, petite tache
Rousse, dans un rayon de soleil, près du banc.
Les ombres à midi chaque jour s’amenuisent
Les enfants malicieux jouent à marcher dessus.
Et l’on se débarrasse enfin de ces tissus
Qui d’avril ont gardé l’odeur de friandises
Les saules au dehors penchent leurs longues orbes ;
On souffle, en secouant l’aile de l’éventail,
La poussière de l’an passé. Près du portail
Une vanesse vient éventer les euphorbes.
Dans le soir pur et frais les insectes craquètent,
La patte du Lion resplendit comme un feu ;
Sans hâte et pas à pas s’inclinent les planètes
Vers le sud où l’Epi brille d’un éclat bleu.
Mai, si léger, parfois devient lourd et s’attarde ;
On dirait qu’il s’endort là pour l’éternité ;
L’air lui-même est saisi de l’immobilité
Du silence profond de celui qui regarde,
Qui attend sur ses champs et redoute et surveille
Le cumul noir des grains montant à l’horizon.
Mai pleure alors parfois, mais ses larmes réveillent
En séchant, les senteurs de terre et de gazon.
Il revêt à nouveau son habit de lumière
Quand l’orage, timide encore, a disparu
Laissant une vapeur au bord de la rivière.
Et Mai, rieur, balaie le ciel d’un linge écru.
Description :
64clics







Aux flux RSS des articles
A l'actualité de l'AFA sur Facebook
juin 23rd, 2011 a 12 h 22 min
j’aime le mois de mai…
juin 23rd, 2011 a 12 h 23 min
moi aussi